Treize ans après l'excellent Jin-Roh, la brigade des loups on retrouve enfin Hiroyuki Okiura au poste de réalisateur. Avec près de sept ans de travail sur son second long-métrage on l'attendait au tournant. Alors le jeune prodige a-t-il réussi à nous éblouir une seconde fois ?
Nom Original: Momo e no Tegami
Réalisateur: Hiroyuki Okiura
Année de sortie : 2012
Genre: Aventure, Drame, Comédie
Studio: Production I.G.
Durée: 2h
La réponse à la question est oui. Pari réussi pour Okiura qui réalise un second film haut en couleur et d'une grande qualité, beaucoup plus joyeux que le premier. L'histoire suit la petite Momo, une fillette de 11 ans venant de déménager dans la campagne près de la mer de Seto avec sa mère. Boudeuse et énervée d'avoir quitté Tokyo, sa relation avec sa génitrice va de mal en pis depuis la mort de son père. Mais afin de prendre un nouveau départ, sa mère a tenu à venir en campagne, dans sa ville natale, en pensant que Momo réussirait enfin à traverser ce drame. De son côté, la petite ne pense qu'à une chose, la lettre que son père a tenté de lui écrire avant de mourir et qui ne contient que les mots "Chère Momo". En se demandant ce qu'il a essayé de lui écrire, la fillette s'enferme dans la solitude et ne voit que ses grands-parents et sa mère. Mais un jour, alors qu'elle discute avec sa grand-mère, elle lit un livre étrange parlant de dieux antiques. Dès lors, Momo constate des événements paranormaux dans sa maison. Les dieux seraient-ils là ? Et pourquoi ? Son père a-t-il un rapport avec cette histoire ?
Très belle, l'histoire racontée par Lettre à Momo bénéficie d'un grand soin d'écriture et d'une mise en scène travaillée, parfaitement adaptée au style du film. Okiura réalise encore une superbe performance avec un film tout aussi fort que son premier mais nettement plus fantastique. Sous couvert d'une comédie dramatique hallucinée se véhiculent en réalité de nombreux messages forts sur la gestion d'une séparation, l'équilibre familial, l'importance de l'amitié et l'utilité de la solitude. Sans pour autant révolutionner le genre, l'oeuvre fait parfaitement son boulot et fonctionne à merveille. Chaque personnage a son petit quelque chose qui le rend unique et l'osmose créée entre eux par le biais de l'humour accroche indéniablement le spectateur pour l'embarquer dans cette aventure folle. Les trois dieux sont notamment vecteur de comique et devraient sans problème fasciner tous les publics, petits comme grands. Sur le fond toutefois, le film n'est pas parfait. En effet deux heures c'est un peu long pour ce qu'il y a à dire, une heure quarante aurait suffit. Du coup certaines phases sont un peu longues et il arrive une ou deux fois de décrocher du récit. Rien de bien grave mais c'est tout de même dommage pour les quelques minutes que ça dure. Autre point mais ça c'est purement personnel, j'ai du mal à accrocher à deux des trois dieux qui m'insupporte quelques fois. Evidemment c'est purement subjectif mais si ça m'est arrivé, ça arrivera à d'autres aussi alors autant le dire. Sinon hormis ces quelques défauts mineurs le film n'a rien à se reprocher.
Sur la forme le film est également très réussi. En même temps qui dit Okiura, sept ans de travail et Production I.G. dit forcément excellent résultat. Le chara-design est frais et original, se basant sur du convenu pour créer de l'unique, et la beauté des décors n'a rien à envier aux oeuvres de Miyazaki, Hosoda ou Shinkai. L'animation est également irréprochable, notamment celle de Momo qui bénéficie d'un excellent rendu, et sans exagérer le film peut rivaliser avec les plus grands chef-d'oeuvres technique. La bande-son est elle très belle et parfaitement dans l'ambiance quant aux doublages, si certains m'ont un peu déçu la qualité globale reste très bonne. A n'en pas douter les adeptes de la technique seront charmés par ce film. Lettre à Momo est donc un très beau et un très bon film qui illustre parfaitement les capacités d'Okiura et de son équipe. Je vous le conseille vivement si vous avez du temps, c'est une perle comme on en fait trop peu.
Note finale : 17/20